12 juillet 2012

Fais ton bassin d'abord !

Maxou (cinq ans) : - "Tu sais, Bertie il a fait son bassin !"
Glam : - "Ah bon, il veut élever des poissons ?"
Maxou : - "Mais noooon, c'est pour aller dans une grande école !"
Glam : - "Ah... il a eu son bac ?"
Maxou : -"Oui, c'est ça!"

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22 juin 2012

Le Sapin qui cache la forêt

...ou la diminution du nombre de fonctionnaires expliquée en "normlangue"  :
"C'est simplement la traduction et les chiffres avancés ne sont pas forcément justes point par point, mais ce que nous avons dit pendant toute la campagne c'est qu'il n'y aura pas de diminution globale du nombre de fonctionnaires.
Je peux le dire autrement : il n'y aura pas d'augmentation globale du nombre de fonctionnaires, même s'il y a une priorité Education et une priorité Sécurité. Si on augmente quelque part, cela veut dire que dans d'autres ministères il n'y aura pas d'augmentation".


J'ai tellement adoré l'euphémique dernière phrase que je l'ai mise en gras. Évidemment qu'il n'y aura pas d'augmentation ; si l'on veut garder le même nombre de fonctionnaires, qu'on en ajoute beaucoup à certains endroits, il faut bien - c'est purement mathématique -  en retirer beaucoup d'autres ailleurs. Mais,  dit comme cela, dieu on croirait entendre Sarkozy !

Notre bon président sait d'expérience (sinon il n'aurait pas été élu) que les Français adorent qu'on leur mente, est donc parfaitement conscient qu'il doit donner à cette opération de diminution des effectifs un caractère inoffensif et bon-enfant en l'enrobant de termes adaptés. Il attend donc tout simplement qu'un de ses nombreux ministres, ou un de leurs nombreux adjoints ou secrétaires, à moins qu'il n'aient un service spécial pour cela, ait concocté l'expression normlangue qui enchantera la procédure de dégraissage, et, la nimbant d'une aura positive, évitera  au gouvernement de prononcer celle,  grossière, brutale, insupportable de cruauté -en un mot sarkozienne -, de "diminution des effectifs".
Quelques suggestions, il faut bien les aider un peu  :  "redéploiement collaboratif  et équitable de la fonction publique", "recomposition harmonieuse des forces vives de la nation", "translation conjoncturelle du personnel administratif", "amplification réformatoire de la normalisation des effectifs de l’État"... Les idées ne manquent pas, mais je suis certaine que la formule choisie saura réenchanter le rêve des fonctionnaires qui ont voté pour lui...

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13 juin 2012

Proverbe hollandais

Une virago ça va.
Deux viragos, bonjour les dégâts.

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23 septembre 2011

Xanthopsie

Hier soir, j'ai regardé Micmacs à Tire-Larigot de Jean-Pierre Jeunet.
La base : loufoquerie, nostalgie, bons sentiments et misérabilisme dans une marinade jaune. Un film plutôt plaisant, même si le réalisateur ne renouvelle ni ses thèmes ni son inspiration, mais
POURQUOI TANT DE JAUNE ?
Qu'ont donc fait les autres couleurs à Jeunet pour qu'il les noie systématiquement et impitoyablement dans ce sirop jaunasse ? La première fois, cette vision "xanthopique" du monde a surpris et, peut-être, charmé, mais cet usage récurrent du curry est devenu plus pénible que plaisant.

Même sur un blog, l'usage du jaune heurte la sensibilité et le goût...

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19 décembre 2007

Bling-bling

Expression américaine utilisée pour désigner le style clinquant du maquereau américain et devenue, très récemment et, ma foi, fort à propos, à la mode en France. Du coup, ici, (presque) tout est dit bling-bling : la droite (surtout, car la gauche est plutôt blam-blam en ce moment), Khadafi et sa garde de wonder women, le way of life de notre bling-bling en chef...
La France entière est en train de virer bling-bling !
Mauvaise nouvelle pour la gent raffinée, car, sur un plan géographique, le bling-bling est aux antipodes de l'élégance et du bon goût.
L'avènement du "bling-bling" clôt définitivement l'ère du "jouissif", cette tarte à la crème insupportable que les pseudo-intellectuels médiatiques nous balançaient à tout bout de phrase, dévoilant ainsi l'indigence saisissante de leur vocabulaire.

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24 juillet 2007

L'Étoffe des héros

Il ne vous est jamais arrivé, à vous, d'avoir des élans éducatifs ? Genre, la belle-soeur me confie son mouflet de cinq ans et j'en profite pour lui faire découvrir des choses nouvelles. Moi, ça me l'a fait hier. Le maigrou en question, le Stig, est un fan de conquête spatiale et il s'est déjà visionné Apollo 13 quinze fois en un mois. Qu'à cela ne tienne...

- Dis-donc le Stig, pendant qu'on fait nos collages et nos pliages, je vais te mettre un DVD qui raconte les débuts de la conquête spatiale !
- Ah, Apollo, Neil Amstrong, z'connais déééézà !
- Non, non, avant eux !
...

Début du film. On voit les pilotes de chasse essayer de franchir le mur du son, et ça ne l'intéresse pas trop... enfin si, une question le taraude qu'il me pose en boucle :

- Il est haut comment le mur du son ?
- Bon, tu vois le Stig, le mur du son, c'est pas un mur. Il existe pas ! enfin c'est un truc que quand on va plus vite que le son ça fait bang !
- Ahhhh, comme le bing bang alors !
- Big bang. Euh, non pas exactement, c'est...
- Ah, ah, regarde l'avion, y va aller s'exploser dans le mur du son ! ah, ah, ah !
- Euh, non, le mur du son c'est pas un mur... il existe pas, enfin si, euh, comment dire (damned pourquoi est-ce que je suis allée lui passer cet espèce de film d'espace alors que je suis nulle en physique !")...

Le film : ....ah, ah, ah, c'est pas ce peigne-cul....!!!

- Tata, c'est quoi un peigne à cul ?
(Argghhhh, j'avais oublié qu'un film américain viril est fatalement bourré de gros mots et d'expressions vulgaires !!! )
- euh... un peigne-cul c'est un type pas intéressant. Tu sais ce qu'on va faire maintenant, on va regarder Bambi, hein ?
- Pourquoi il lui a dit peigne à cul ?
- Écoute le Stig, c'est pas "peigne à cul" qu'on dit, mais "peigne-cul". Pei-gne-cul !
- Pei-gne-cul !!!
- C'est ça !
- Pei-gne-cul, hihi, pei-gne-cul !!!
- Euh, bon, ça suffit maintenant, c'est pas un joli mot et faut pas le dire, t'entends ?
- Boooon d'accoooord, z'le dirai pas...
- C'est bien ! si t'es gentil, demain je t'en apprendrai un autre, mais il faut que tu apprennes à dire les "ch"...

(En disant cela, je songeais qu'il avait exactement l'âge de Gargantua au moment de ses inventions de torcheculs, et que c'est un chapitre qui lu à un petit "guarsonnet" dans son genre le ferait beaucoup rire..)
...

Enfin, ce qu'il y a de merveilleux, avec les enfants, c'est qu'on arrive toujours à leur apprendre quelque-chose de nouveau, même si ce n'est pas exactement ce que l'on avait prévu.

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09 mars 2007

Sister Morphine

"Liberté, égalité, fraternité, aujourd'hui à Dijon j'en appelle à la sororité !"
Ségo (évidemment ! qui d'autre ?).

Après le "liberté, égalité, choucroute", de Jean Yann, nous voilà gratifiés d'une nouvelle version de la devise. Belle trouvaille. On est, cette fois, dans un registre rare et élitiste - certains entendaient le mot pour la première fois et ne l'ont pas compris -, et connoté, puisque faisant partie du vocabulaire féministe.
Pour plus d'impact et par souci d'harmonie et d'esthétique, j'aurais carrément retiré "fraternité" - quatre mots, c'est un de trop et c'est moins percutant.

Les petites phrases sont la raison de vivre de notre beau microcosme politico-médiatique (voir mon post précédent sur le sujet), mais l'abus, comme tout abus de substance hallucinogène, est dangereux. Ségolène devrait vraiment arrêter si elle veut avoir une chance de passer. Ses phrases lui donnent une couverture médiatique excellente, mais, malheureusement, pas pour de bonnes raisons.

En entendant la phrase, Glam Blam Blam a été prise d'une de ces envies de sororicide !

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19 janvier 2007

Sillage

"Sillage" est un terme de parfumerie.
Le bouquet du parfum se déploie en trois temps : il y a d'abord les notes de tête, celles des fragrances les plus volatiles que l'on perçoit les premières, puis les notes de coeur, qui s'exhalent ensuite, et forment comme le "corps" du parfum, et enfin le sillage, composé des essences les plus lourdes, celles qui persistent quand tout a passé.
Sillage de la Reine, c'est assez bien trouvé.

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07 janvier 2007

Blam ! Droit dans la Grande Muraille !

Comme le disent les Chinois, un Chinois qui ne vient pas sur la Grande muraille n’est pas un brave et un Chinois qui vient sur la Grande muraille conquiert la "bravitude".

Ségolène en Chine.
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Glam Blam Blam, qui éprouve une réelle fascination pour le barbarisme, le néologisme et autres nigauderies, ne pouvait pas manquer cette perle, qui, par ailleurs, nous prouve que si le Chinois sur la muraille conquiert la bravitude, il n'en va pas de même du Français ou de la Française qui semble, lui ou elle, y développer seulement une forme aiguë de ridiculitude.
Le thème nous amène à celui des fameuses "petites phrases", raison de vivre de ces deux espèces qui, dans notre pays, vivent en une telle symbiose qu'elles finissent souvent par faire des petits ensemble, je veux parler du politicien et du journaliste.
Le journaliste, qui ne s'intéresse pas à la politique au point d'essayer de la comprendre et de la traiter de manière sérieuse, se raccroche au plus facile, c'est-à-dire à de petits bouts de phrases que le politicien doit donc lui fournir en permanence s'il veut avoir une chance que l'on parle de lui au JT. C'est la petite phrase, et non son programme, qui sort le politicien de son néant médiatique et lui donne sa visibilité. Qui aurait aperçu Ségolène, minuscule en haut de la Muraille, si elle n'avait pas lâché cette énormitude ?
La petite phrase doit avoir une seule qualité : surprendre. Il n'est pas nécessaire qu'elle soit intelligente ou brillante, mais il faut absolument qu'on la remarque. On me dira, et avec raison, que le néologisme est le degré zéro de l'invention littéraire, mais il fait peuple. L'ancienne génération, plus lettrée que la nouvelle, préférait l'archaïsme qui avait au moins l'avantage de dépoussiérer un peu quelques expressions oubliées : "Vous êtes un jocrisse, monsieur !"
Comme de nos jours montrer sa culture choque davantage que d'exhiber ses fesses siliconées, le politicien moderne évite les mots savants et privilégie les formules choc et imagées et parle, par exemple, de nettoyer les banlieues au Kärcher, ou, au contraire, tente quelques expressions branchées pour faire djeuns.
Jeux de mots, barbarismes, argot, peu importe le moyen employé, la petite phrase est le sésame qui donne accès aux médias, et seul compte le résultat.

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11 novembre 2006

Sinistre barbarisme assuré...

.... que celui que je viens de voir sur le site d'un assureur qui propose, à ceux dont l'assurance a été résiliée, de faire une étude de leur sinistralité !

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25 août 2006

Que ce blog est donc baroque !

Dans la série la vie est un éternel recommencement, je lis, dans un article du Monde consacré aux mots à la mode, que "baroque" a détrôné les mots "bizarre", "étrange", "incompréhensible". Voilà donc notre "baroque" qui, échappant finalement à la fossilisation qui l'avait cantonné à la désignation d'une période artistique, revient à la vie, retrouvant l'emploi qu'il avait au XVIIIe siècle.

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"Ce que j'entens par génie, n'est point ce goût bizarre & capricieux qui seme par-tout le baroque & le difficile, & qui ne sait embellir ou varier l'harmonie qu'à force de bruit ou de dissonnances, c'est ce feu intérieur qui inspire sans-cesse des chants nouveaux & toûjours agréables ; des expressions vives, naturelles & qui vont au coeur ; une harmonie pure, touchante, majestueuse. C'est ce divin guide qui a conduit Corelli, Vinci, Hasse, Gluck & Rinaldo di Capua dans le sanctuaire de l'harmonie ; Leo Pergolese & Terradellas dans celui de l'expression & du beau chant. (S)" , lit-on dans l'Encyclopédie de Diderot et d'Alembert.

"BAROQUE (ba-ro-k'), adj. D'une bizarrerie choquante. Un goût baroque. Un accoutrement baroque. Un style baroque. Ces places [conseillers d'État, d'Église] étaient destinées aux évêques les plus distingués, et il était bien baroque de faire succéder l'abbé Bignon à M. de Tonnerre, SAINT-SIMON 87, 127.", nous dit le Le Littré.

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12 août 2006

Expressions Françaises : "faire tapisserie"

(photo de Nicole Tran Ba Vang)

La jeune fille que personne, au bal, n'invite à danser.
Négligée, abandonnée, oubliée, invisible,
elle finit par se fondre dans le décor.
On dit qu'elle "fait tapisserie".

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